Dans ma vie tranquille et folle, il y a l'Amoureux, les Trois Filles, le Bébé, des chats, une grande maison ensoleillée, un job épuisant. Mais il y a aussi la mer quelques fois par année, les livres, les mots pensés comme on respire, les mots tus, les mots d'amour prononcés, des éclats de rire partagés et parfois, des chagrins.
Des silences, aussi.


mercredi 29 décembre 2010

Mères

Je constate via mes lectures qu’il y a beaucoup de mamans sur la blogosphère et j’adore lire leurs blogs. D’abord, la dernière chose dont j’aie envie, c’est de discuter boulot. Et puis peu importe ce que j’aie pu accomplir professionnellement, je m’identifie toujours beaucoup plus à la part de moi qui est et sera toujours une maman, plutôt qu’à la carriériste que je ne serai jamais vraiment. Je ne me suis jamais sentie plus comblée que durant les années vécues avec les Trois Filles, maman à la maison à temps plein. Et ce, malgré la disette financière, malgré le couple qui prenait l’eau. J’ai bricolé, cuisiné et cousu des tonnes de trucs, question d’épargner des sous ; j’ai tu bien des mots, quitte à m’engourdir l’esprit, question d’épargner mon couple. Mais je suis reconnaissante pour chacune des journées partagées avec mes enfants.

Je dis souvent que la trace la plus importante que l’on puisse laisser de soi dans l’univers, c’est à travers nos enfants qu’elle se perpétue. (Évidemment, le mec qui a conçu la Tour Effel ou peint les fresques de la Chapelle Sixtine crée une faille de taille dans ce magnifique raisonnement, mais je vais choisir de l’ignorer ici.)

Mes grands-parents maternels ont eu une présence marquante dans ma vie et je bénis le ciel qu’ils aient été si près de moi. Sans eux, je serais beige et matte, ce qui est génial pour un fond de teint, mais pas fort point de vue personnalité. Les Trois Filles savent tout l’amour que je ressens à ce jour encore pour Jules Omer et Rosaline. (Qui, chacun, détestait son prénom, mais ça c’est une autre histoire.)

En août, Fille Aînée m’avait annoncé vouloir prénommer Bébé Rosalie, en l’honneur de ma grand-mère, ce qui m’avait à la fois heureusement surprise et touchée, Fille Aînée ne l’ayant que très peu connue. Du coup, j’ai regretté de ne pas y avoir pensé, moi ; j’ai eu trois filles, bordel, me semble qu’il y en a au moins une qui aurait pu porter le prénom de ma grand-mère adorée, ou du moins, une variation de ce prénom ? Ben non. Je n’y ai pas pensé. Brillante, la fille quand même, non ?

Encore fallait-il que Bébé nous fasse la grâce d’être une fille. Je me range subito dans le camp de Team Rosalie, question de ne pas laisser Team Simon prendre trop de place dans notre imaginaire, des fois que ça puisse faire une différence. Et on se met à compter avec impatience les jours avant La Révélation.

Manque de pot : la dite échographie devait avoir lieu alors que j’étais aux Iles Turquoises avec l’Amoureux. Je fais donc promettre à Fille Aînée, qui habite chez moi durant notre absence – faut bien que quelqu’un veille sur les trois chats et s’assure qu’ils ne se dévorent pas entre eux – de nous appeler là-bas dès qu’elle reviendrait de l’échographie.

Fille Aînée : Maman ? (Fille Aînée a 22 ans mais chaque dialogue, virtuel ou non, débute invariablement par Maman ? Avouez que c’est tout de même plus sympa que Mère !, choix ô combien sarcastique de Petite chérie.)

Moi, calmement : Oui ? (Notez ma retenue. Je n’en peux plus de ne pas savoir et j’ai juste envie de crier dans le combiné parce que tout de même, les Îles Turquoises, c’est loin, et ça rate pas, le cerveau se dit, Faut que je parle plus fort.)

Fille Aînée J’arrive tout juste de l’échographie, là.

Moi, serrant les dents : (…)

Oui bon, on s’en doutait, l’entente étant, Appelle-moi quand tu reviendras de l’échographie. J’attends, donc, question de ne pas poser LA question.

Fille Aînée : Tout est beau. Bébé se développe normalement. Je revois le médecin dans trois semaines.

Moi, qui mentalement, lui fais subir les pires tortures pour qu’elle finisse par me dire ce que je veux savoir, zut : Ah, c’est bien, je suis contente. Elle est gentille, la doc ?

Fille Aînée : Oui oui, je l’aime bien.

Moi : (…)

Fille Aînée : (…)

Je ne comprends pas pourquoi la petite chipie me fait souffrir ainsi. Je l’imagine, se mordant les lèvres pour ne pas rire. Mais je suis têtue, pas mal plus qu’elle, et je ne poserai pas LA question.

Oh, et puis finalement peut-être pas aussi têtue qu’elle :

Moi : Et puis, c’est un garçon ou une fille ?

Fille Aînée : C’est un garçon.

Moi : Mais qu’est-ce qu’on fait ? On le garde quand même ?

Fille Aînée : éclate de rire

Moi : Um. Et je suppose que Jules Omer, c’est hors de question ?

Ben oui, c’était hors de question. Alors Rosalie, ca sera pour la prochaine fois. Peut-être.

1 commentaire:

  1. Jules, c'est un prénom tout à fait adorable. Omer aussi, à bien y penser et il sera le seul de la classe à porter ce prénom. Pratique et original. Si seulement il n'y avait pas Omer Simpson pour gâcher le tout.

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